Eglise Apostolique
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Culte du Dimanche 12 février 2017

 

 

 

La grâce, faveur imméritée

Et il m’a dit : ma grâce te suffit (2Corinthiens 12.9)

 

Définition du Larousse :

Du latin : gratia, de gratus, qui veut dire agréable

           - faveur accordée à quelqu’un pour lui être agréable

           - remise de tout ou partie de la peine d’un condamné

           - don ou secours surnaturel que Dieu accorde aux hommes pour leur salut

 

La grâce est un mot compliqué. En grec, le mot charis est proche du mot chara qui signifie la joie. La grâce, c'est gratuit, c'est un cadeau, c'est heureux et joyeux.

 

On pourrait envisager que grâce égale joie car ce n'en est pas loin, mais surtout c'est un cadeau. Quand on parle de la grâce de Dieu, on parle d'un cadeau de Dieu qui n'est autre que lui-même. C'est lui qui se donne, et c'est sa nature même de se donner. La grâce, c'est Dieu qui se donne dans nos vies, même si parfois on croit que c'est compliqué parce que beaucoup de théologiens ont disséqué la grâce dans tous les sens, mais c'est d'abord cela : Dieu choisit de faire de l'homme sa maison, et c'est gratuit, sans condition aucune. Point – Barre !

Si on voulait disséquer un peu la grâce on pourrait dire que c'est d'abord le don que Dieu fait de lui-même, et ensuite le don que nous avons à recevoir chaque jour. Comme si Dieu tenait toujours sa porte ouverte, tandis que la nôtre est parfois fermée. Alors Dieu vient frapper, et à nous d'ouvrir ou non. C'est pourquoi il faut toujours associer, et non opposer, grâce et liberté.

 

Il y a deux siècles et plus, c’était encore la coutume en France d’envoyer des criminels aux galères pour de longues années et parfois à perpétuité.

Les galériens étaient enchaînés à leur banc avec seulement assez de place pour actionner les rames.

On raconte qu’un diplomate de distinction fut amené à visiter Toulon où les galères étaient à l’ancre et, selon l’usage, il pouvait libérer le prisonnier de son choix. Il s’approcha des galériens, parla avec eux et s’enquit des raisons qui les avaient amenés aux galères.

Il découvrit que, presque sans exception, les prisonniers attribuaient leur condamnation à quelque injustice, fausse accusation, erreur d’identité, méprise et autres choses de ce genre. Il arriva auprès d’un autre qui lui dit : J’ai été un criminel endurci, j’ai mérité la mort et ce n’est qu’à la grâce de Dieu que je dois d’être vivant. Alors ce diplomate lui dit :" Misérable canaille, votre présence ici contamine tous ces braves et honnêtes gens ; vous ne resterez pas ici un jour de plus ! ".

Se tournant alors avec un sourire vers son escorte il dit : Voici l’homme que je veux gracier !

 

La Bible nous dit : " Celui qui cache ses transgressions ne prospérera pas mais celui qui les avoue et les délaisse obtiendra miséricorde Proverbe 28.13 ". C’est pareil pour la grâce divine, elle s’exerce envers des indignes car elle est par définition une faveur imméritée.

 

Voici ce qu’on lit dans l’épître à Tite au chapitre 2 et à partir du verset 11 : " La grâce de Dieu a été manifestée, elle apporte le salut à tous les hommes ; elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent sobrement, justement et pieusement en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et sauveur Jésus-Christ ".

 

I. La faveur imméritée

 

La Grâce de Dieu ne nous est pas octroyée parce que nous sommes méritants, ce ne serait plus une grâce alors ce serait un mérite.

Elle ne nous est pas offerte parce que nous en sommes dignes, elle ne serait plus la grâce, elle serait la chose que Dieu nous doit.

La Grâce passe à côté de ceux qui s’en jugent dignes et elle atteint ceux qui s’en estiment indignes. Jamais on n’a gracié un innocent ; seuls les coupables peuvent être graciés. Seuls seront graciés ceux qui se reconnaissent coupables et indignes de la faveur divine.

Une des plus difficiles leçons que nous ayons à apprendre c’est que nous avons besoin d’être graciés parce que nous sommes déjà condamnés.

Jésus a dit : " Celui qui croit en moi n’est point condamné mais celui qui ne croit pas est déjà condamné parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu (Jean 3 :18).

C’est comme ce condamné dans sa cellule de prison, le verdict du tribunal a été : Coupable, et la sentence : la mort. Il est dans le couloir de la mort et il vit dans la crainte du jour qu’il ne connait pas où, tôt le matin, il sera tiré de son sommeil pour s’entendre dire qu’il lui reste une heure à vivre. Cet homme est déjà condamné, il n’attend plus que son exécution, à moins que, entre-temps, la grâce présidentielle ne s’exerce en sa faveur.

Notre situation est la même; tous nous sommes coupables d’avoir violé la loi de Dieu et Romains 6.23 nous dit que la sentence sur le péché, c’est la mort. Nous sommes tous des condamnés en attente d’exécution et, tôt ou tard, la sentence sera exécutée car il est écrit dans Hébreux 9.27 : il est réservé aux hommes de mourir une fois après quoi vient le jugement, à moins qu’entre-temps la Grâce divine ne s’exerce en notre faveur.

 

II. La Grâce a été manifestée

 

Si l’on vit dans la crainte d’un lendemain incertain, dans la crainte de la mort ou dans la peur du grand jour du règlement des comptes et que l’on a aucune assurance pour l’Au-delà, si on s’inquiète en permanence pour ce que l’on a fait, ou pas fait, si nous nous condamnons nous-mêmes, la bonne nouvelle c’est que cette Grâce a été manifestée.

C’est cette Grâce qui est la seule planche de salut pour le condamné, qui peut seule transformer le jour de l’exécution en un jour de délivrance. Or, justement il est dit que cette Grâce a été manifestée, c’est-à-dire qu’elle a été rendue publique, car  " La loi a été donnée par Moïse, mais la Grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ " (Jean 1 :17).

En Jésus-Christ, Dieu est venu vivre la vie des hommes ; il a parlé des choses du ciel dans le langage des hommes. Pour se faire comprendre d’eux et leur faire comprendre la Grâce, Dieu s’est fait  homme.

Par exemple, on a vu la Grâce chez les pharisiens qui avaient traîné devant tous une femme prise en flagrant délit d’adultère. La loi de Moïse, dans sa stricte application, la condamnait à mourir lapidée, mais la Grâce triomphait du jugement car en s’adressant à la femme, Jésus lui dit : " Je ne te condamne pas non plus, va, et ne pèche plus " (Jean 8 :11).

La Grâce va bien au-delà du pardon, elle insuffle la puissance de rompre avec le péché,

La Grâce marchait sur les routes de Palestine, semant bienfaits sur bienfaits, entrant dans la maison des publicains et des gens de mauvaise vie, mangeant avec eux, allant chez ceux que tous rejetaient, sans espoir, et leur parlant de l’amour de Dieu qui ne veut pas la mort du pécheur mais sa repentance et son salut..

La Grâce était à la croix lorsqu’elle déversa son pardon dans l’âme d’un brigand repentant et lui assura un salut total par ces paroles : Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis (Luc 23.43).

La Grâce était là, crucifiée, insultée par les hommes et demandant le pardon pour ses bourreaux en ces termes : Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font (Luc 23.34).

La Grâce personnifiée était là, agonisante et expirante, acquérant pour tous ceux qui s’en réclament un salut parfaitement accompli scellé par ces dernières paroles : Tout est accompli (Jean 19.30).

Ne dit-on pas cette formule : dans cette année de grâce de l’an 2017 et bien la Grâce se penche vers chacun de nous en des termes suppliant rapportés dans

2 Corinthiens 5:6, " …nous vous en supplions, au nom de Christ, soyez réconciliés avec Dieu ".

 

III. La Grâce apporte le salut

 

Si l’on revient à notre grâce présidentielle, demandez à ce condamné ce qu’il pense de cette grâce qui lui a été accordée.

Il vous dira: Ce jour-là a été le plus beau jour de ma vie ; les murs gris de ma cellule m’ont paru plus beaux que les draperies d’un palais. Les portes de la prison se sont ouvertes devant moi puis fermées pour toujours derrière moi ; j’ai retrouvé ma vocation première, être libre, être heureux et repartir sur des bases que je n’aurais jamais dû quitter; ma reconnaissance éternelle va à celui qui m’a gracié.

On a pu le voir récemment avec cette femme meurtrière de son mari qui la frappait depuis 40 ans.

Mais la grâce d’un homme à un autre homme ou femme ne change pas fondamentalement sa nature

La Grâce de Dieu nous apporte beaucoup plus que celle accordée par un roi ou un président. C’est le ciel qui descend dans notre âme, c’est l’enfer qui se ferme sous nos pieds, c’est Jésus qui nous tient par la main, c’est le Saint Esprit qui nous conduit et c’est la gloire qui nous attend.

Elle nous apporte le salut, non pas un salut probable ou un salut incertain mais un salut parfait, total et éternel.

Un gracié c’est un sauvé qui s’approprie par la foi la promesse d’un Dieu qui ne peut pas mentir: " Il n’y a dès maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ " (Romains 8 :1).

 

IV. A tous les hommes

 

Cette grâce s’étend à tous les hommes sans distinction. Quelle que soit notre position sociale, financière, culturelle, religieuse, à quelque race que nous appartenions, quelle que soit la couleur de la peau, de l’éducation reçue, de l’opinion qu’on peut avoir de nous ou que nous avons de nous-mêmes, nous pouvons nous prévaloir de la Grâce de Dieu parce que :

  1. personne n’est au-dessus de cette grâce pour ne pas avoir à l’accepter,

personne n’est au-dessous d‘elle pour ne pas pouvoir l’accepter.

 

  1. nous en avons besoin selon ce qui est écrit: Il n’y a pas de juste, pas même un seul, tous ont péché et sont privés (coupés) de la gloire de Dieu (Romains 3.23). Oui, cette Grâce s’étend à tous ceux qui ont péché et si nous croyons que nous avons péché, cette Grâce est aussi pour nous.

 

V. La Grâce nous enseigne

 

Elle ne nous arrache pas seulement aux conséquences éternelles du péché, elle nous enseigne un genre de vie digne du salut qu’elle apporte. Accepter la Grâce de Dieu implique deux choses:

  1. Renoncer à un genre de vie (Impiété, convoitises mondaines)
  2. Prendre un autre genre de vie (Sobrement, justement, pieusement)

Renoncer à… Mais avant tout, renoncer à soi-même plutôt qu’à des choses.

 

Dès l’école primaire on nous apprend la conjugaison dans cet ordre décroissant: JE d’abord, TU (l’autre) en suite et IL (Dieu) en dernier. Mais quand le Saint-Esprit vient habiter dans un cœur il renouvèle l’entendement et fait inverser l’ordre de la conjugaison.

IL, les intérêts de Dieu à la première place, (recherchez premièrement le royaume de Dieu …Matthieu 6.33)

TU, ceux du prochain à la deuxième place, (pas mon intérêt mais celui d’autrui 1 Cor.10: 24 ).

JE, le nôtre à la troisième place (que personne ne cherche son propre intérêt. 1 Cor.10: 24).

Mais c’est aussi renoncer aux convoitises du monde qui barrent l’entrée dans le royaume de Dieu. La Bible nous donne son éclairage sur la chose ; elle le fait dans la première épître de Jean 2:16 en ces mots : " La convoitise des yeux, la convoitise de la chair, l’orgueil de la vie ne viennent point du Père mais du monde ".

C’est renoncer à l’occultisme et à ses dérivés tels la magie, la divination, la bonne aventure, la superstition et l’horoscope que la Bible définit et condamne en ces termes: " Quiconque pratique ces choses est en abomination à l’Eternel " (Deutéronome 18 :18 :9-14)

 

VI. Elle nous enseigne à vivre SOBREMENT (vis-à-vis de soi-même.)

 

Sobre quant à la mode ; Sobre dans le vocabulaire, Sobre quant à la nourriture. Sobre dans les dépenses et les possessions. Là aussi la Grâce nous enseigne selon Romains 12 :16 à ne pas aspirer à ce qui est élevé mais à nous laisser attirer par ce qui est humble.

 

VII. Elle nous enseigne à vivre JUSTEMENT. (vis-à-vis du prochain.)

 

C’est-à-dire avec le souci constant que la justice et la droiture présideront à chacun de nos actes.

Une balance juste, des poids justes dit Proverbes 11.1 et des jugements justes, des lèvres justes.

 

Etre juste envers le prochain c’est aussi lui faire connaître où la vraie justice se trouve, où il peut être justifié c’est-à-dire où, comment et par qui il peut être sauvé. Nous savons tous qu’il y a une loi qui punit pour non-assistance à personne en danger de mort. Combien de gens autour de nous ne sont-ils pas en danger de mort éternelle. Pouvons-nous les laisser aller à la perdition sans leur parler de cette Grâce qui nous a sauvés, nous, de cette perdition?

Chez les Touaregs, les hommes bleus du désert, le plus grand péché c’est de savoir où il y a de l’eau et de ne pas le dire.

 

VIII. Elle nous enseigne à vivre PIEUSEMENT. (vis-à-vis de Dieu.)

La piété c’est le respect des choses saintes.

Le Nom de Dieu est saint dit le troisième commandement: "Tu ne prendras point le nom de l’Eternel en vain car il ne laissera pas impuni celui qui prendra son Nom en vain".(Exode 20.27)

 

IX. Elle nous enseigne à ATTENDRE

 

Ce parcours peut paraitre long et exigeant et, peut-être, au-delà de vos forces, mais nous ne pouvons le vivre qu’après avoir d’abord reçu cette Grâce dont nous parlons.

Il ne s’agit pas d’essayer de vivre à la hauteur de nos plus nobles aspirations; nous pouvons essayer de nous appliquer du mieux que nous pouvons, mais ne perdons jamais de vue les paroles d’Ephésiens 2 :8,9 " C’est par la Grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres (ou nos efforts) afin que personne ne se glorifie ".

Notre acte de Grâce a été signé voici deux mille ans non avec de l’encre mais avec le sang de Jésus-Christ duquel il est écrit: " Le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché "(1jean 1.7). A nous d’étendre la main et de saisir par la foi l’Acte de Grâce que Dieu nous tend.

 

Daniel Delaune

 

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