Eglise Apostolique
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Culte du dimanche 15 janvier 2017

 

 

 

La parabole du fermier riche

 

 

Luc 12:13-21 dans la version "Français Courant".

Quelqu'un dans la foule dit à Jésus: "Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés." Jésus lui répondit: "Mon ami, qui m'a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ?"
Puis il dit à tous: "Faites attention, gardez-vous de tout amour des richesses, car la vraie vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, même s'il est très riche."


Il leur raconta alors cette parabole: "Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se disait en lui-même: 'Que vais-je faire? Je n'ai pas de place où garder toutes mes récoltes.' Puis il se dit: 'Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands, j'y amasserai tout mon blé et tous mes autres biens. Je me dirai ensuite à moi-même: Mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi.' Mais Dieu lui dit: 'Homme insensé! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as gardé pour toi?'!"

Jésus ajouta: "Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n'est pas riche aux yeux de Dieu."

Nous connaissons ce chant "Mon Dieu est si bon", vieux cantique repris par Héritage. Nous chantons que notre Dieu prend soin de nous, qu’il s'occupe de nos besoins quand nous nous confions à lui. Et nous sommes sincères en cela, je pense.
Mais parfois nous sommes tirés par ce que nous voyons autour de nous, éblouis parfois par ce que sont ou ce que font les autres et nous cherchons à être satisfaits par les plaisirs terrestres du moment.

Il y a quelques années le chanteur Jean-Jacques Goldman a sorti une chanson qui s'appelle "Les Choses". Chant que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans une prédication, il y a quelques temps  et où il dit en particulier:

Si j'avais si j'avais ça                      Je serais ceci je serais cela
Sans chose je n'existe pas           Les regards glissent sur moi
J'envie ce que les autres ont        Je crève de ce que je n'ai pas
Le bonheur est possession          Les supermarchés mes temples à moi
Dans mes uniformes, rien que des marques identifiées
Les choses me donnent une identité

Je prie les choses et les choses m'ont pris
Elles me posent, elles me donnent un prix
Je prie les choses, elles comblent ma vie
C'est plus 'je pense' mais 'j'ai' donc je suis


Des choses à  mettre, à  vendre, à  soumettre Une femme objet qui présente bien
Sans trône ou sceptre je me déteste                  Roi nu, je ne vaux rien

J'ai le parfum de Jordan                            Je suis un peu lui dans ses chaussures
J'achète pour être, je suis                         Quelqu'un dans cette voiture
Une vie de flash en flash                         Clip et club et clop et fast food
Fastoche speed ou calmant                     Mais fast, tout le temps zap le vide
Et l'angoisse
Plus de bien de mal, mais est-ce que ça passe à  la télé
Nobel ou scandale? on dit 'V.I.P'
Un tatouage, un piercing, un bijou         Je veux l'image, l'image et c'est tout
Le bon 'langage' les idées 'qu'il faut'      C'est tout ce que je vaux

 

Jean-Jacques Goldman met bien le  doigt sur un grand problème dans notre société : la consommation, le désir de toujours avoir plus, de ne jamais être satisfait avec ce que nous avons déjà. Nous venons de vivre cela pendant ces temps de fête, ma mère me rappelait toujours son bonheur de recevoir une orange à Noël ainsi que l’immense bonheur quand un oncle de la ville lui offrit une poupée en chiffon !

Jean-Jacques Goldman met le doigt sur les choses, il pose bien le problème, mais il ne nous offre pas une solution à ce problème. La solution du problème se trouve dans les paroles de Jésus, en particulier dans la parabole que nous venons de lire, la parabole du fermier riche.

Jésus se trouve dans une grande foule, il nous est même dit au verset 1 qu’elle était au point de s’écraser les uns les autres. Nous le trouvons là dans une de ses deux positions favorites. Ou bien il est seul et il prie, ou bien il est dans la foule et il enseigne. A ce moment-là Il enseigne ses disciples mais il y a des gens tout autour qui écoutent ce qu'il dit. C'est un moment très sérieux puisqu’il est en train d’inviter les disciples à être sans crainte dans le monde. Après l’intermède du fermier riche il reprendra d’ailleurs la même conversation, poursuivant l’enseignement interrompu, qui était de très grande importance aux yeux du Seigneur.

Et puis nous entendons une voix : "Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés."

On s'arrête, on se dit "qu'est-ce qui se passe ?" Ce que l'homme énonce n'a rien à faire avec ce que Jésus dit. Cette question arrive vraiment comme un cheveu sur la soupe !;

Mais Jésus n'est pas perturbé, sa réponse est directe et franche "Mon ami, qui m'a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens?"

A l'époque de Jésus les gens allaient souvent chez les rabbins pour avoir des jugements dans des disputes. Mais Jésus ne se laisse pas faire. Ce n'est pas son rôle à ce moment-là. Il refuse formellement de rendre la justice en Israël: ce n’était pas sa place. Il est là pour s’adresser aux âmes et porter leur attention sur une vie qui succède à celle-ci. Il est venu pour chercher et sauver ceux qui sont perdus, non pas pour résoudre des disputes entre frères. Et il semble qu'il voit le cœur de l'homme parce qu'il dit "Faites attention, gardez-vous de tout amour des richesses, de toute cupidité, car la vraie vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, de ce qu’il possède,  même s'il est très riche."

Ce que Jésus dit ici est très important. "L'amour des richesses" c'est la convoitise, le désir de posséder, d'avoir plus. Et c'est subtil. On n'a pas besoin d'être une personne qui est déjà riche pour avoir l'amour des richesses. Quand nous entendons parler des richesses, nous pensons facilement à des célébrités qui ont de belles voitures, de grandes maisons, des bijoux partout, des sportifs dont le salaire vaut 1000 fois le smic, soit en une heure ce que d’autres gagnent en un mois, des gens qui sont suivis partout par des photographes, des paparazzis et qui se montrent dans des magazines et des journaux.

De telles idées sont presque risibles, elles sont des caricatures de la réalité. Mais, est-ce que c'est ça que nous voulons pour nous-mêmes ? Non bien évidemment, ce qui nous évite parfois de nous questionner sur nos propres désirs, nos propres positions à ce sujet. Ou bien, est-ce que l'amour des richesses ne se trouve-t-il pas plutôt dans le désir d'avoir juste un peu plus que ce que j’ai, un peu plus que mon voisin? J'ai ce qu'il me faut, mais quand même je voudrais bien un plus, avoir même un surplus, pour avoir plus de confort en tous genres.

Comme j'ai dit, c'est subtil. Chaque jour nous sommes inondés par des publicités qui nous disent "Vous avez besoin de ceci, vous ne pouvez pas vivre sans cela..." C’est la base même de notre système : créer des besoins là où nous n’en avons pas. Ces publicités essaient de nous dire que sans posséder ce qu'ils nous présentent nous ne serons pas heureux, que nos enfants risquent de ne pas être à la page. Mais que si nous achetons ceci ou cela - notre vie sera magnifique! Nous vivons avec des voix qui disent, "Sans ces choses, vous ne valez rien!" Et parfois, souvent, nous tombons dans le piège, même nous les chrétiens. Nous devenons mécontents, frustrés, envieux.

Nous sommes poussés à acheter, à consommer, à désirer. Et ce n'est pas seulement les adultes, mais aussi fortement les enfants et les jeunes, qui sont ciblés par les médias. Le dernier i-phone, la dernière revue… "Eh, sans cette chose vous n'êtes pas cool!"

Et Jésus nous dit "Faites attention! Gardez-vous!" Il s’agit bien là d’une action personnelle. Il faut que nous reconnaissions ce qui se passe autour de nous. Il faut que nous soyons proactifs pour ne pas tomber dans le piège. Il ne dit pas je vous garde, mais il dit gardez-vous.

Mais comment? Pour éviter les pubs il faut marcher partout avec les yeux fermés, éteindre le téléviseur toutes les demi-heures? pas très pratique! Il n'est pas possible de vraiment sortir de cette culture consommatrice. Elle est tout autour de nous et essaie de nous posséder. Quatre chapitres plus loin (Luc 16 v13) Jésus dira qu’on ne peut servir Dieu et Mamon. Mamon représentant la richesse matérielle ou l'avarice, souvent personnifiée en divinité

Non, nous devons réagir plus au niveau de notre cœur. C'est pourquoi Jésus raconte sa parabole du fermier riche, histoire que nous avons déjà entendue.

Qu'est-ce que nous pouvons dire du fermier riche? Au début il ne fait rien de mal. Son terrain lui rend une récolte formidable, plus qu'il ne pouvait jamais imaginer. Il voit qu'il va falloir faire quelque chose pour que cette récolte ne pourrisse pas, il faut un lieu pour tout stocker. Encore une fois, pas de problème à ce point-ci. Le fermier fait un planning recommandable.

Mais, comme l'histoire avance, regardons de plus près ce qu'il dit... Je n'ai pas de place. Mes récoltes. Je vais démolir. Je construirai. J'amasserai. Je me dirai. Mon cher. Repose-toi. Réjouis-toi. Il y a un soupçon d'égocentrisme dans ce qu'il dit. Il ne pense qu'à lui-même. Nous voyons un homme qui ne se refusera rien. Il imagine déjà le futur doré qui l’attend.

Il me semble que l'homme lui-même n'a rien fait de spécial pour avoir cette récolte remarquable. Il est béni, tout simplement! Mais, comme j'ai dit, il ne pense qu'à lui-même. Il ne reconnait pas la source de son bonheur. En plus, il ne voit pas plus loin que ce qu'il veut faire. Il veut stocker pour pourvoir seulement à ses besoins. Cet homme est déjà très riche nous dit le texte, il est maintenant encore plus riche et il ne pense pas aux autres. Il ne pense surtout pas à Dieu.

Et puis il y a un choc. Dieu intervient: "Homme insensé! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as gardé pour toi?"

"Insensé" - c'est un mot fort. Dans la Bible c'est un mot qui parle souvent de ceux qui ne reconnaissent pas Dieu. Ce terme est employé de très nombreuses fois dans la Bible (AT : Psaumes, Proverbes…), l’emploi que je retiendrai du Nouveau Testament est lorsque Jésus qualifie ainsi celui qui a bâti sa maison sur le sable. Cette parabole est tout à fait semblable à la nôtre. Sur quoi construisons-nous ?

L'homme dans notre histoire a mis beaucoup d'énergie pour assurer sa vie sur terre. Il avait tout ce dont il avait besoin, et encore plus. Mais, nous nous demandons pourquoi l'homme devait mourir. Simplement c'est pour l'histoire. Jésus ne dit pas que l'homme meurt à cause de son égoïsme. Jésus veut nous montrer, il me semble, que l'homme n'avait rien préparé pour son destin ultime. Et ce qui lui arrive, lui arrive comme un coup. Cette nuit même...

Je ne sais pas si vous avez déjà fait une nuit blanche. Vous êtes là, au lit et des idées tournent sans cesse dans votre tête. Le sommeil vous échappe. Je peux imaginer que c'était comme cela pour l'homme. Il avait dans sa tête toutes les idées de ce qu'il voulait faire. Il faisait des projets. Il se voyait sur le chantier avec le plan entre les mains et son casque sur la tête bien sûr. Et puis Dieu lui demande sa vie. Combien la vie est fragile. Quelqu'un posa une question au comptable d'un millionnaire qui venait de décéder. "Combien a-t-il laissé?" La réponse du comptable fut: "Tout". L'homme riche laisse tout. Il laisse un héritage, mais qui va en profiter? Il y aura certainement des heureux, mais pas lui.

Cette parabole de Jésus a dû être poignante pour l'homme qui demandait à Jésus de juger dans la dispute qui l’opposait à son frère. Il pouvait avoir sa partie de l'héritage de son père, oui, mais est-ce qu'il aura le temps pour en profiter?

Et en plus, qu'est-ce qu'il va faire avec son héritage? Se faire plaisir comme le fermier riche? Quand on meurt, on laisse tout derrière, on ne peut rien prendre avec soi. L'homme riche et l'homme pauvre sont égaux au moment du décès.

"Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n'est pas riche aux yeux de Dieu." Jésus nous demande de réorienter notre vie, de changer de direction. La richesse ne se trouve pas dans les possessions, malgré ce que disent les pubs. Il faut tourner le dos à l'idée que nous pouvons trouver tout notre plaisir dans ce que nous possédons.

Cependant, il ne faut pas devenir extrême car les possessions ne sont pas le problème, "les choses" sont neutres. C'est notre attitude qui décide de l'affaire. Amasser des richesses, des possessions, des objets est un jeu d'insensés. Mais être riche aux yeux de Dieu est une chose à laquelle nous pouvons tous aspirer.

Matthieu, dans son évangile dit "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point et où les voleurs ne percent ni ne dérobent."

Il parle de la même chose que Luc. Pour amasser des trésors, des richesses dans le ciel nous devons nous investir dans le royaume de Dieu. Cela ne veut pas dire que Dieu va demander à chacun de vendre tout ce qu'il possède pour le donner aux pauvres et aux indigents. Pour certains, oui, peut-être, mais pour nous tous cela veut dire que nous utilisons nos capacités, nos dons, notre temps et notre argent dans le service de Dieu. Quand nous avons les yeux fixés sur Christ, sur la volonté de Dieu le Père, quand nous cherchons à le servir le premier, le reste vient par la suite. Nous trouverons notre plaisir en lui. Et il pourvoira à tous nos besoins.

Cela rejoint l’actualité de notre assemblée. La question de notre investissement personnel est posée. En face de cette interrogation, il nous faut rebondir sur la gestion de notre temps. Que faisons-nous de notre temps:

  • L’employons-nous dans un travail forcené, des heures supplémentaires qui nous permettent de posséder plus
  • L’employons-nous dans nos loisirs et douceurs personnels, dans les choses que je me suis offertes, télévision, vidéo, internet, jeux, abonnements couteux…
  • L’employons-nous dans les aménagements, le jardin, les constructions, le bricolage…

Rien de mauvais dans tout cela, mais où sont nos priorités? Sur quoi construisons-nous? Sable ou roc? La teigne y a-t-il accès?

Ou bien, nous consacrons-nous prioritairement à Dieu et aux âmes qui se perdent, à celles qui veulent grandir, murir?

Prenons-nous notre part aux engagements, aux investissements auxquels Dieu s’attend?

Dieu appelle aujourd’hui encore. Prenons-nous le temps de l’écouter ou bien consacrons-nous notre temps à autre chose?

Je ne reviendrai pas sur la notion de corps, largement évoquée ces derniers temps, mais plus que jamais je suis convaincu que chacun a vraiment sa place, et que personne ne peut me remplacer. Nous sommes tous une personne irremplaçable dans le corps.

Dieu insiste vraiment aujourd’hui.

Beaucoup vivent de grandes choses.

Comme nous y invite le texte d’aujourd’hui, n’accumulons pas des trésors spirituels pour nous-mêmes, mais soyons riches pour Dieu et son œuvre.

 

Daniel Delaune

 

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