Eglise Apostolique
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Culte du dimanche  18 février 2018

LA MORT EST DANS LE POT

 

Lecture II ROIS 4 : 38-41

 

  1. Contexte

 

Elisée se rend à Guilgal pour rendre visite à quelques jeunes prophètes en formation à l’école de Prophète.

La famine à ce moment du récit, sévit depuis déjà quelques temps.

Lorsque l’heure du repas arrive, un des jeunes étudiants s’en va cueillir quelques légumes dans la nature puisque plus rien ne pousse dans les potagers.

Il a probablement cherché longtemps jusqu’à ce qu’il tombe sur ce qu’il pensait être des  concombres.

Les coloquintes sauvages ressemblent aux concombres mais en réalité, elles sont très toxiques.

 

Tout heureux d’avoir trouvé de quoi nourrir ses camarades, il se met tout de suite à préparer un délicieux potage pour tout le monde.

Personne ne s’inquiéta de quoi que ce soit, jusqu’à ce que quelqu’un, identifie le goût de poison et de mort.

La réaction d’Elisée est alors surprenante, il jette de la farine dans la marmite et aussitôt, la soupe devient comestible.

 

A la lecture de ce texte, je ne peux m’empêcher de penser que parfois, au sein du Corps de Christ (la marmite), nous formons une soupe où nous nous empoisonnons les uns les autres, au lieu d’être un breuvage délicieux… non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour les gens de l’extérieur… au lieu de donner faim, d’être appétissant et de nourrir…

 

Les problèmes dans le Corps de Christ, ne proviennent pas principalement d’un manque de prière… d’un manque d’études bibliques, d’un manque de foi ou de consécration… le problème est bien plus profond…

Quel est donc l’aliment qui ne convient pas à notre alimentation ???

Qu’est-ce qui nous affaibli (dans notre santé spirituelle) au point de ne plus avoir envie de prier ou de lire la Bible ???

Qu’est-ce qui nous a vidés de tout enthousiasme pour les choses de Dieu ???

Pourquoi notre consécration enthousiaste du début s’est-elle refroidie au point que nous puissions être désabusés, amers, aigris, fatigués ???

 

La mort est dans le pot… et ça mijote…

 

 

  1. Publier une année de Grâce = jeter dans le pot, la pincée d’Amour et de Grâce

 

La première chose que Jésus dira publiquement, c’est une reprise d’un texte d’Esaïe 61 qu’il prendra à son compte : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’Il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. »  LUC 4 : 18

 

Bien souvent ce texte est cité pour l’évangélisation mais je pense que lorsque Jésus a prononcé ces paroles, Il avait parfaitement en tête, ce qui mijoterait dans nos églises… ce qui mijoterait dans le cœur de chaque homme, chaque femme, pierre vivante de l’édifice spirituel qu’Il construit…

 

Jésus n’a jamais mené de campagnes contre les prostituées... ni contre les voleurs, les ivrognes ou les collecteurs d’impôts (la version Israélites des collabos)… en fait, Il en a fait même parfois, ses amis…

Sa croisade s’est plutôt, orientée vers les religieux et leur enseignement.

 

Quand Jésus a dit « pour proclamer aux captifs, la délivrance… », il ne s’agit pas seulement de chasser les démons…

Jésus est aussi venu avec l’intention de nous délivrer d’un certain système de croyances et de pratiques dans lequel, la Grâce est absente… dans lequel l’Amour a disparu.

 

 

  1. Le levain (ou coloquintes) des Pharisiens

 

Du temps de Jésus, l’enseignement des Pharisiens était un véritable poison dans la société judaïque…

Un véritable poison parce qu’il était très subtil…

Les Pharisiens exhortaient les gens à se faire agréer par Dieu, grâce à leurs œuvres… et c’est ce message-là qui est au cœur de toute religion et qui laisse les gens soit, épuisés par leurs efforts à se faire accepter, soit complètement amers et déçu parce que tous ces efforts n’ont jamais été récompensés.

 

Les pharisiens s’étaient engagés à garder la loi de Moïse, appelée la Torah (c’est-à-dire les 5 premiers livres de la Bible)… et leur serment s’appelait « Prendre le joug de la Torah ».

A partir de ce jour, ils s’estimaient à part pour servir Dieu et vivre les uns pour les autres.

Ils se constituaient en un cercle fermé où seule la personne pieuse était admise… un cercle qui les séparait des pécheurs du dehors.

 

En fait, les exigences de la loi étaient très simples. On pouvait les résumer en l’Amour pour Dieu et pour son prochain.

Mais au lieu de se demander, comment faire pour observer la loi de Dieu… ils se sont demandés, comment faire pour ne pas l’enfreindre ?

Et cette question au cours des âges a suscité toutes sortes de débats et a incité l’homme à se donner des lois pour s’empêcher d’enfreindre LA loi.

Ces petites lois, s’appelaient des « garde-fous », c’est-à-dire que disposées autour de LA loi, elles devaient empêcher l’homme de faire des sorties de routes (rails sur l’autoroute).

Ils ne se rendaient pas compte que s’ils avaient simplement  recherché l’amour, ils auraient gardé et accomplis toute la loi (ROM. 13)

 

Alors, il y avait des garde-fous sur la façon de s’habiller, sur ce que l’on pouvait boire et manger, les endroits où on pouvait aller ou pas, ce qu’on pouvait faire ou pas le jour du sabbat, etc…

 

Toutes ces lois et garde-fous étaient observés pour plaire à Dieu, pour attirer la faveur de Dieu…

 

La mort était déjà dans le pot du temps de Jésus… et c’est à cette forme de religion très subtile que Jésus adressa ses paroles les plus sévères…

En voyant ce sous quoi, les hommes croulaient, il est dit qu’il fut ému de compassion…

 

MAT. 9 : 36         « En voyant les foules, il était bouleversé : une profonde pitié s’emparait de lui, car elles étaient comme des brebis abandonnées n’ayant pas de bergers, déprimées, harassées et abattues. »

 

Et c’est à ces brebis déprimées, harassés, abattues qu’il dira dans MAT. 11 : 28 « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. »

 

 

Jésus est venu pour défier l’esprit de religiosité. Quand Il dit « Prenez mon joug… », c’est comme s’Il faisait un croche-pied au serment de fidélité que faisait les Pharisiens… en disant, « Je suis… la nouvelle Torah »

 

Et le Seigneur nous dit, ce matin « mon ami, je t’invite à sonder ton cœur et à identifier le joug qui pèse sur tes épaules aujourd’hui et qui t’amène à vivre tout ce qui touche aux choses de Dieu : ton service, ton appel, ta sainteté… comme étant lourd…».

 

 

  1. La pincée de « Kharis » et « d’Agape »

 

Jésus est donc venu publier une année de grâce…

C’est-à-dire qu’Il est venu jeter dans le bouillon de nos vies, la farine de 2 dimensions nouvelles qui n’avaient jamais été évoquées auparavant.

L’une prend naissance dans l’autre… prend sa source dans l’autre.

Jésus est venu révéler un nouveau genre d’amour… un amour que le monde n’avait jamais connu auparavant.

Les esprits les plus grands avaient jusque-là, médité sur la nature de Dieu… mais ce que l’esprit humain pouvait saisir dans ses limites, dans sa petitesse n’était qu’une compréhension relative, qui reposait sur ce qu’il connaissait déjà.

La véritable nature de Dieu est apparue dans l’histoire de l’humanité, telle qu’elle est réellement en la personne de Jésus-Christ.

On ne touche Dieu, on n’approche Dieu, on ne connait Dieu que par la révélation de Jésus-Christ.

Nul ne vient au Père que par Lui… celui qui a le Fils a le Père.

Et dans cette révélation de Dieu, deux mots nouveaux sont apparus pour définir combien la Nouvelle Alliance qu’Il allait sceller au travers de son sang, était plus excellente que l’ancienne.

 

Le premier mot annonçant cette nouvelle dimension était le mot « agape ».

Et « agape » s’est exprimé de la manière la plus parfaite au travers du deuxième : « Kharis ».

 

  • « Agape »

 

« Agape » était rarement employé avant Jésus. Ce sont les auteurs du NT qui en donnèrent la signification la plus véritable.

I JEAN 4 : 8 nous dit que « Dieu est Amour »… c’est-à-dire que ce n’est pas une émotion que Dieu ressentirait mais c’est sa nature même.

« Agape » est le choix éternel de Dieu d’être pour les autres… d’exister pour le bien de ce qu’Il a créé…

« Agape » ne trace pas de frontière, il n’exclut personne.

 

« Agape », l’amour divin… la nature même de Dieu…

Un amour qui nous englobe tous… ses enfants comme ses ennemis…

Les méchants comme les ingrats…

Dieu aime… pas à cause de ce que nous faisons mais parce que c’est sa nature.

Les hommes peuvent lui tourner le dos, le maudire, se rebeller… Il continue à les aimer.

En Jésus… en lisant sa vie, en l’écoutant s’adresser aux gens de son époque, en le voyant agir, en le voyant se comporter, nous avons une définition et une application très concrète de l’amour agape…

(cf. ROM. 12)

 

Nous en avons la plus belle définition dans I COR. 13.

 

 

 

  • « Kharis »

 

Et cet amour « Agape » a trouvé son expression parfaite sous le terme « Kharis » en grec… qui a donné le mot que nous connaissons aujourd’hui : « Grâce ».

Un mot connu à l’époque mais quasiment jamais employé et qui a connu sa parfaite définition quand il a été incorporé dans le vocabulaire du NT.

 

Ce mot voulait dire auparavant « quelque chose qui enchante ou apporte la joie…  une faveur… quelque chose qui est donné et non gagné… »

On l’employait soit pour un cadeau d’anniversaire, soit pour un service que l’on rendait à quelqu’un.

Que ce soit chez les romains comme les grecs.

 

C’était l’empereur romain qui chaque année, pour récompenser ses soldats, leur donnait une prime sur ses propres deniers.

C’était en plus de leur solde… c’était un don et on appelait ça le « Kharis », il n’avait rien fait pour le mériter, c’était accordé sur la base de la générosité de l’empereur.

 

Les Grecs, eux, pour se saluer, utilisaient ce mot… ça voulait dire « Que ta vie soit remplie de bonnes choses… que la faveur des dieux soit sur toi pour que ta vie soit faite de beauté et de joie ».

Ou alors, quand on trinquait dans les tavernes, on ne disait pas « Tchin-tchin » mais « Kharis » et d’ailleurs notre expression « santé » vient un peu de là…

 

Ce mot a été inclus dans le vocabulaire de l’Evangile pour exprimer l’amour de Dieu, manifesté en Jésus-Christ mais aussi pour décrire l’idée d’une faveur non gagnée, non méritée…

Alors, « Kharis » utilisé comme salutation ou pour porter un toast n’était qu’un échange de civilité sans autre prétention mais dans la bouche de Dieu… dans la révélation de l’œuvre de la croix… ce n’est pas que Dieu nous adresse ses vœux mais plutôt… c’est le Dieu créateur de tout l’univers qui incorpore la puissance de son salut à nos vies… c’est ça, la Grâce telle que nous l’entendons aujourd’hui… c’est ce qui fait toute la différence.

 

Jésus est venu ajouter à nos vies, la farine de la Grâce manifestée en l’amour « Agape ».

 

 

  1. L’amour humain

 

Personne jusqu’à Jésus ne savait ce qu’était l’Amour vraiment.

C’est un domaine où tout homme, toute femme ont failli… faillissent et failliront encore… parce que l’amour selon l’Homme est empreint de Disgrâce et non de Grâce.

 

L’amour humain est limité… l’amour humain est imparfait…

C’est un amour qui recherche son propre intérêt…

Il aime pour être aimé… il aime pour ce que l’autre peut m’apporter… il aime pour ce que l’autre peut me donner…

Il aime pour me donner de la valeur dans les yeux de l’autre… il aime pour que je puisse exister… que je puisse être admiré… apprécié… recherché…

 

Alors vous comprendrez que lorsque l’autre ne répond pas à cet amour… lorsque l’autre déçoit… lorsqu’il ne donne pas ce que l’on recherche ou ce que l’on attend… c’est là que ça pose problème.

C’est un amour versatile… qui change d’orientation… qui change d’objet… c’est un amour qui va se transformer en colère ou en haine envers celui qui déçoit… et il va chercher à briller ailleurs.

Si ma femme ou mon mari ne me donne plus ce j’attends, c’est un amour qui peut m’amener à porter les yeux ailleurs.

C’est un amour versatile, c’est un amour infidèle, c’est un amour qui abandonne…

 

L’amour humain est un amour exclusif, en ce sens où il n’inclue pas l’autre…

Il n’est pas inclusif.

Il n’accepte pas la différence.

L’amour humain aime celui qui est comme moi…

Je ne vais aimer que ceux avec qui j’ai des intérêts communs… ceux avec qui je m’entends bien… ceux qui sont comme moi… ceux qui me ressemblent…

Je ne vais aimer que ceux qui pensent comme moi… ceux qui voient les choses comme moi… ceux qui ont la même culture que moi… ceux qui viennent de la même église que moi… ceux qui ont le même parcours que moi… ceux qui viennent du même milieu que moi (social, intellectuel, culturel…)…

Je ne vais aimer que ceux qui ont la même couleur de peau que moi…

 

C’est ce qui amène les divisions dans les églises… c’est ce qui amène les guerres dans le monde…

C’est l’amour humain.

 

 

  1. L’Amour divin

 

Dans la culture de la Grâce, l’amour « Agape » m’amène à voir la différence de l’autre comme une richesse… comme un complément à moi-même… un complément à ce que je sais faire… un complément à ce que je pense…

 

L’amour « Agape » m’amène à sortir de mes standards… de mes sécurités… de ma norme…

Si l’autre sort de ma norme, si l’amour « Agape » est en moi, je vais être capable de l’aimer…

 

L’amour « Agape » nous permet d’aimer notre ennemi et c’est là où c’est divin. Ça ne peut pas être fabriqué par l’homme… ça ne nous est pas naturel.

 

La Grâce est venue nous révéler l’amour « Agape ».

Jésus est venu publier une année de Grâce.

Cet amour nouveau… nouveau envers Dieu, loin de toute pratique religieuse et forcée… nouveau envers l’autre (notre conjoint, nos enfants, nos parents, ce monde…)… est un amour inclusif et non exclusif.

C’est un amour sans discriminations… un amour qui n’attend rien en retour… un amour inconditionnel… un amour parfois dans le sacrifice… un amour dans la foi… un amour dans l’obéissance… un amour qui ne repose pas sur les émotions ressenties mais sur une décision, un choix, un engagement.

 

Nous sommes profondément incapables d’être « Agape » en nous-mêmes.

C’est pourquoi, chaque jour qui passe nous avons besoin de rechercher cette pincée de Grâce et d’Agape auprès de Dieu pour nous-mêmes, pour notre entourage, pour notre engagement envers Lui…

 

Vous savez quand j’entends les défenseurs du Nouvel Âge, nous dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle du Verseau… que l’ère du Poisson est finie… poisson qui symbolise le Christianisme…

Quand je les entends dire que le Christianisme est obsolète… qu’il a atteint ses limites… qu’il n’est plus en mesure de répondre aux besoins du cœur humain.

Et bien, nous chrétiens… nous pouvons dire que c’est le Christianisme qui a inauguré une ère nouvelle parce qu’il a introduit une qualité d’amour dans une dimension de Grâce, inconnue jusque-là.

 

Une dimension d’amour où l’on peut se donner l’un pour l’autre… où l’on peut donner sans savoir si l’on va recevoir en retour… aimer de manière inconditionnelle… aimer quand on a été blessé… aimer et servir l’autre sans compter le temps…

 

Robin Gonzalez

 

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