Eglise Apostolique
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Culte                              du dimanche 29 mai 2016

 Oui ou non

 

Nous, les Normands, nous avons la réputation de ne pas savoir dire oui/non: « pt’être ben qu’oui, pt’être ben qu’non ».

Pour certains, c’est parce qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent. Pour d’autres c’est parce qu’ils veulent poser le pour et le contre.

Nous allons voir quelqu’un dans la Bible qui, Pour le besoin du peuple de Dieu, a eu des « oui » dans sa vie et des « non ».

Il s’agit de Moïse

  1. Les oui et non de Moïse

Rappel: Moïse est un hébreu. En Egypte, le Pharaon a voulu tuer tous les garçons, mais sa mère l’a remis entre les mains de Dieu en le plaçant dans une corbeille sur le Nil. C’est là que la fille du Pharaon l’a trouvé et adopté en acceptant que ce soit la mère qui l’allaite. Nous avons la situation d’une mère qui remet son enfant entre les mains de Dieu, qui lâche avec courage ce qu’elle a de précieux, non par fatalité entre les mains de l’adversaire, mais entre les mains de Dieu pour que ce soit Lui qui décide de la destinée de l’enfant. Puis une mère adoptive qui protège Moïse de la mort et qui va l’élever; Elle est un réconfort pour la mère biologique.

Moïse, nourrit et élevé par ces 2 mères… Moïse sait qu’il est issu du peuple hébreu.

« Devenu grand », dit la Bible, il faut savoir que Moïse n’est plus un enfant. En fait il a 40 ans! Même si l’acte du meurtre se passe à un moment précis, il a dû ruminer des années et observer. « Il porta les regards sur leurs pénibles travaux ».

Il a orienté son regard et son cœur vers les hébreux, ses frères. Il a eu son avis, s’est révolté contre l’injustice, s’est nourri de sentiments avec en même temps l’appel dans son cœur de rétablir une dignité à ce peuple: La situation d’un peuple asservi devait cesser.

Jusqu’au jour où il y a eu un acte précis. Ce n’est pas une simple bagarre qui tourne mal. Moïse regarde d’abord s’il est observé; puis frappe l’Egyptien à mort, puis le cache dans le sable: C’est un meurtre, Moïse devient un assassin.

Lisez Exode 2 : 11 à 15

 

Il va souhaiter rétablir l’équilibre, mais il agît avec son humanité pécheresse. Pourtant ce qu’il a observé était vrai, juste. Il y avait en lui un oui à la justice, oui à ce désir de sauver les hébreux ou tout du moins un hébreu. Un oui à essayer de libérer le peuple de la servitude.

Dans notre monde actuel, avec nos mots, on dirait un oui à être utile au Royaume de Dieu, à servir pour apporter à autrui le salut en J.C, ce qui est noble. Je ne parle pas de la manière dont on fait les choses, de manière correcte ou non, mais de ce cœur qui dit oui, je veux me tenir sur la brèche, pour servir Dieu et redonner ce que j’ai reçu. J’ai été sauvé, j’ai été béni, j’ai reçu la vie, je veux que les autres reçoivent, et je sais que c’est dans la volonté de Dieu.

Mais, pour Moïse, les choses ne se passent pas comme il veut. Le Pharaon veut le tuer et Moïse doit fuir. Il se retrouve chez les madianites, se marie et fonde une famille. Il y reste 40 ans dans le désert comme berger.

Le roi d’Egypte meurt. Dieu entend la détresse des Hébreux. A Horeb, il se présente dans un buisson ardent. Le buisson est en feu mais ne se consume pas. Dieu l’appelle et lui demande d’ôter ses sandales. Car c’est un lieu Saint. Moïse fait une rencontre avec le Dieu de ses pères, Celui qui entend, voit et comprend la souffrance. Il envoie Moïse pour être le libérateur. Cela correspond bien à Moïse, l’appel est bien là et c’est le temps de le concrétiser. Pourtant on assiste à un dialogue étonnant où Dieu fait face au Non de Moïse.

Lire ch. 3 : 11 à 14

Puis 4 : 1 à 17

On assiste à un « oui mais de Moïse » (« ils diront : l’Eternel ne t’est point apparu ») puis à un « non » indirect (« J’ai la bouche et la langue embarrassées »), puis un « non » direct, franc : « envoie qui tu voudras »

Moïse hésite, mais Dieu a le dernier mot « c’est toi qui ira ».

Il y a ce qu’on lit, mais on peut deviner ce que Moïse ne dit pas : Il a peur de se présenter devant Pharaon, peur de se présenter devant tout le peuple qui l’a reconnu comme un assassin…

Nous avons nos oui:

Oui je veux te servir, faire ta volonté. Je veux que tu sois glorifié dans ma vie, ma famille, dans le travail, dans l’église…

Nous avons nos non:

- Je n’ai pas l’âge (trop jeune ou trop vieux), …Là, Moïse a 80 ans! Et le prophète Samuel n’était qu’un enfant quand il a été appelé par Dieu.

  • Je ne sais pas parler correctement (avec Dieu, on est amené à parler, exhorter autour de nous),

  • je n’ai pas assez de temps, je ne peux pas travailler avec lui ou avec elle, j’ai peur, peur de ne pas avoir la force, d’être envahi… ça va trop me coûter…

OUI, le service a un coût. Mais n’oublions pas qui nous servons, c’est une gloire!

 

  1. Le Non et Oui de Dieu

 

Ensuite il y a un moment choquant. Moïse part rejoindre son frère de sang Aaron. Sur le chemin de l’obéissance, du service, Dieu intervient

Lire le passage : Exode 4 : 24 à26

24 ¶ Pendant le voyage, en un lieu où Moïse passa la nuit, l’Eternel l’attaqua et voulut le faire mourir.

25 Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds de Moïse, en disant: Tu es pour moi un époux de sang!

26 Et l’Eternel le laissa. C’est alors qu’elle dit: Epoux de sang! à cause de la circoncision.

 

 

Nous avons une situation difficile à comprendre. Moïse est dans une action qui concrétise son oui, sur le chemin de l’obéissance, et il semble que maintenant Dieu se dresse contre lui et par son acte dit « non ». Il faut comprendre qu’il est important de ne pas dissocier la Justice et l’amour de Dieu. Ce n’est pas avant Dieu était Juste, maintenant il est amour. Il a toujours été les 2. Parfois nous avons des filtres à cause de ce que nous avons vécu. Si nous avons subi l’injustice, la trahison, l’abus par une figure d’autorité, ou par quelqu’un qui a eu un ascendant sur nous, les sentiments qui accompagnent ces expériences remontent quand on lit ce passage. On enlève nos filtres et avec la réalité que Dieu n’est pas homme, il est Juste (cela induit qu’il est Saint) ET Amour (cela induit qu’il est Bon). Considérons ce passage : pourquoi Dieu manifeste sa justice ? Rappelons-nous que Moïse est un assassin, même si cela fait 40 ans que cela s’est produit. On ne peut aller servir Dieu sans régler notre passé, notre nature pécheresse. Ce lieu est Saint…pas seulement à Horeb, mais aussi sur ce terrain du service. Là, il y a un temps d’arrêt que Dieu impose. Comment Dieu manifeste-t-il son Amour ? Dans Son amour, Il a prévu une solution : une mère est là, qui ne connaît pas grand-chose de la culture Hébraïque. Mais elle est là, et Dieu lui donne de l’intuition pour faire ce qu’il faut, elle circoncit leur fils. Pourtant, ça semble fou, c’est dur émotionnellement, et le sang coule avec sûrement des cris dans la nuit (Dieu utilise des mères qui prient, et qui agissent parfois par intuition).

Pourquoi cette circoncision ? C’est le symbole d’une alliance entre Dieu et nous. Pour cela il y a un morceau de chair tranché et cela entraîne du sang qui coule. Où trouver cette alliance ? A la croix. Le sang a coulé pour que nous soyons pardonnés, lavés de nos péchés. Mais dans la Bible, on nous parle aussi de circoncision de cœur, et c’est notre part (voir Romain 2 : 29 « La circoncision c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre »). Cette circoncision est symbolique : on tranche, le sang coule. Parfois ce sont des larmes qui coulent.

Il est nécessaire pour nous, pour continuer, d’aller à la croix :

Citation Derek Prince :

« Qu’est-ce que votre croix ? J’ai entendu Charles Simpson le dire de cette façon : « Votre croix, c’est là où votre volonté et celle de Dieu se croisent. » Votre croix est la chose sur laquelle vous pouvez mourir. C’est l’endroit où vous pouvez déposer votre vie. Lorsque Jésus est allé à la croix, il a dit : « Personne ne me prend ma vie : j’ai le pouvoir de la donner, j’ai le pouvoir de la reprendre ». Dans ce sens, personne ne vous enlèvera votre vie. Si vous ne la déposez pas volontairement, vous en serez toujours le maître.

Votre croix, cher frère, ce n’est pas votre femme – sauf si vous avez le pouvoir de la déposer ou de la reprendre chaque jour. Ce n’est pas non plus, chère sœur, votre mari (je rajouterai : chère mère, ni vos enfants). Ce n’est pas non plus la maladie que vous n’avez pas choisie et dont vous n’arrivez pas à être guéri. Votre croix, c’est là où vous pouvez prendre la décision de ne pas vous complaire en vous-même. D’après ma propre expérience, je pourrais vous dire qu’à chaque fois que j’ai eu cette lutte intérieure, et que j’ai pris la bonne décision, la bénédiction a suivi. Alors, et alors seulement, je peux servir. »

 

C’est ce qui nous amène ensuite à servir dans le repos, avec joie, avec un amour renouvelé, dans une dépendance totale à Dieu, dans le respect et la crainte de Dieu.

A la croix, c’est le moment de faire le point : qu’est ce qui m’empêche de dire oui à Dieu, d’aligner ma volonté à la sienne ? Quelle peur me paralyse ? Quel raisonnement me bloque ?

Pour finir, Moïse partira, sûrement en considérant la Grâce, avec humilité où il ne pourra plus faire à sa manière. C’est grâce à ce temps de circoncision, cette alliance familiale avec Dieu, que Moïse pourra faire face à l’adversaire, le nouveau roi d’Egypte et face aux puissances des ténèbres. Il sera un grand libérateur pour Israël, et fera sortir le peuple de Dieu avec prodigalité et Sagesse que Dieu lui donnera.

 

Conclusion :

Dieu ne se trompe pas.

Mais sans l’alliance, nous ne pouvons faire quoi que ce soit. Dans une alliance, il y a 2 intervenants. Ici, c’est Jésus qui a donné sa vie, son sang a coulé, et il y a nous/moi, avec une circoncision de cœur.

Faisons confiance à Dieu qui est Juste, et qui nous aime. Même si on ne comprend pas, Il donne la solution, Il nous mènera dans notre destinée pour le bien du Royaume de Dieu et pour notre bien.

Soyons attentifs à des arrêts de Dieu. Peut-être qu’il y a des choses qu’il ne nous demande pas, ou bien c’est le moment de passer du temps à la croix pour lui donner un vrai oui. C’est peut-être le temps de mettre ce service sur l’autel ; C’est un temps de sanctification. C’est un temps et un lieu où l’on se décharge ; Temps de repos où l’on n’a pas besoin de faire semblant. Ce temps de Vérité permet de voir pourquoi il y a un « non » dans notre vie qui fait obstacle à la volonté de Dieu. Est-ce notre obstination, notre égoïsme, notre peur de lâcher quelque chose ou quelqu’un ?

Peur de retourner dans des mécanismes du passé ?

 

De la même manière que Moïse a dû défaire ses sandales au Mont Horeb devant Dieu, il est nécessaire de défaire ses sandales, c’est-à-dire de considérer que ce lieu du service est saint.

Plaçons-nous et plaçons notre service à la croix car le service doit être sanctifié, ce lieu où on sert Dieu est Saint, ce lieu n’est pas un bâtiment forcément, mais là où Dieu nous demande de faire et d’être : Nos maisons, tout lieu de service, comme la maison qui se trouve dans notre cœur, là où découle la louange, les émotions, les décisions. C’est normal d’avoir des temps de panique ou d’incompréhension mais n’en restons pas là.

Dieu ne s’était pas trompé avec Moïse. Il ne se trompe pas en vous appelant.

Que notre volonté et celle de Dieu puisse se croiser.

 

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