Eglise Apostolique
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Culte du 29 novembre 

Pierre : Orgueil, Humiliation et Pardon

Jean 21:15-17

 

21.15 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux.

21.16 Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

21.17 Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

21.18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas.

21.19 Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit: Suis-moi.

 

Nous voici une semaine après Pâques. Sept jours depuis la résurrection de Jésus. Nous pouvons imaginer qu'après les événements du vendredi saint les disciples de Jésus ont passé par toute la gamme d'émotions possibles.

Le vendredi avant Pâques ils ont vu tous leurs espoirs fondre au pied de la croix. Jésus est mort, c'était la fin de ce qu'ils avaient vécu et espéré ensemble.

Que faire par la suite? Et puis voici, à l'aube du dimanche... Jésus est ressuscité. Marie l'a vu. Pierre et Jean ont vu le tombeau vide. Jésus se présente à tous ses disciples (sauf Thomas), il rencontre deux disciples sur la route qui mène à Emmaüs. Il y a de la joie, il y a des questions: "Qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui va se passer?"

Certainement pour un des disciples (Pierre) en particulier c'était un moment difficile.

Est-ce que nous pouvons imaginer comment se sentait Pierre? Sa place dans l'histoire de la crucifixion n'est pas glorieuse. Après des déclarations de fidélité c'est lui qui a renié son Seigneur.

Comment s'en sortir? Comment faire machine arrière ? Est-ce que c'est même possible? Comment peut-il espérer regarder Jésus en face? Pierre semble être un homme brisé. Et c'est lui que nous allons regarder maintenant. Nous allons commencer au moment où Pierre proclame son dévouement total à Jésus. A ce moment-là de sa vie, il était un homme orgueilleux, par la suite on le retrouvera comme un homme humilié, mais, pour finir comme un homme pardonné et rétabli.

Il ne nous appartient pas de juger Pierre, bien que la nature de son échec est écrit clairement dans la parole de Dieu, et ce pour que tout le monde puisse le voir et en tirer un enseignement. En fait, son histoire nous donne un exemple important sur  comment faire face à nos faillites et comment recevoir le pardon de notre Seigneur quand nous sommes tombés.

L'orgueil

Pour tracer le cheminement de Pierre nous allons regarder trois passages bibliques. Premièrement regardons Jean 13:36-38.

13.36 Simon Pierre lui dit: Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit: Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard.

13.37 Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi.

13.38 Jésus répondit: Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.

 

Que se passe-t-il alors? Jésus parle avec ses disciples. Il leur explique ce qui va lui arriver dans quelques temps. Il montre à ses disciples la nature du service qu'il leur demande, en leur lavant les pieds.

C'est un moment où il dévoile un peu son cœur mais Pierre se fixe sur une chose, en particulier : Jésus a dit qu'il va partir.

Cela est dérangeant pour Pierre. Pierre est un homme dévoué, prêt à agir pour Jésus, mais ici il est un peu confus... comment est-ce que c'est possible que Jésus les quitte? Pierre, ainsi que les autres disciples, veut que Jésus reste.

Pierre était aussi un homme très terre à terre, il disait ce qu'il pensait même si ce qu'il pensait n'était pas très bien réfléchi.

C'est là qu’il sort sa déclaration mémorable: "Je donnerai ma vie pour toi ! " Dans l'évangile de Matthieu nous trouvons en plus qu'il a proclamé à Jésus, devant tous les autres disciples que "quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi."

Nous avons l'avantage du recul et avons tendance à grimacer quand nous entendons ces paroles. Nous savons ce qui va arriver.

Mais ce qu'il dit, il le dit très sincèrement. Seulement Pierre ne connait pas vraiment bien son propre cœur, ni la tendance humaine de promettre beaucoup, plus que nous ne pouvons jamais faire.

La réponse de Jésus est poignante: "Tu donneras ta vie pour moi!"

Ce n'est pas vraiment une déclaration, c'est une question. Il est difficile de faire passer de l'émotion dans un texte mais ici nous pouvons bien imaginer que Jésus a dû regarder Pierre droit dans les yeux et dire "Vraiment?"

Il n'y a même pas un soupçon de sarcasme ni de colère à l'annonce impétueuse de Pierre. Il y a une calme assurance de la part de Jésus. Il sait ce que réserve l'avenir pour son disciple bien intentionné mais orgueilleux.

Sa réponse sera arrivée très certainement comme un gifle pour Pierre : "En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois."

Comme je le disais, il ne nous appartient pas de juger Pierre. Son échec, quand il arrivera, sera terrible mais sa motivation était tout à fait louable.

Le problème c'est que Pierre était conduit par la conviction qu'en lui-même il pouvait faire ce qu'il avait déclaré. Il ne s'est pas arrêté pour vraiment écouter ce que Jésus disait mais il cherchait à agir tout de suite.

Il avait, peut-être, une notion de ce que Jésus allait souffrir mais il s'est précipité afin d'y prendre part sans comprendre la nature de ce que Jésus seul pouvait faire. Réaliser que nous n’aurions jamais rien à y ajouter.

Si nous considérons les circonstances de cet échange nous pouvons peut-être comprendre pourquoi Pierre a dit ce qui lui est venu par la tête.

Les disciples ont vécu ensemble avec Jésus, ils parlaient, ils étaient bien dans l'amitié du moment, ils étaient en sécurité... alors il était facile de lâcher un mot de trop.

Il est facile d'être enthousiaste quand il fait bon. Mais comment est-ce que ce serait, plus tard dans le froid de la cour du prétoire, à la maison du souverain sacrificateur à Jérusalem?

C'est certainement là où se concrétise notre exemple. Quand nous sommes ensemble, des chrétiens qui louent le Seigneur dans un groupe, quand il y a du partage, quand il y a de l'amitié, quand nous sommes bien ensemble, être chrétien est assez facile.

Quand on se retrouve dans une bonne convention, avec de nouvelles expériences, de nouveaux chants de louange, de nouveaux enseignements, de nouveaux amis, on se sent bien. Quand on rentre chez soi on est sur un nuage, on brule d’amour pour le Seigneur, on veut conquérir le monde pour lui !

Et le lundi on doit retourner au travail, à l'école. Notre amour pour Jésus n'a pas changé, mais il est devenu beaucoup plus difficile de l'exprimer tout seul et surtout avec les autres. Après un certain temps il faut revenir sur terre... cela ne met pas en question l'expérience, mais cela veut dire que dans la réalité de la vie quotidienne le confort de la présence de beaucoup d'amis chrétiens peut sembler bien lointain.

Qu'apprenons-nous de Pierre qui pourrait nous aider? Je crois, avant tout, c’est que nous devons nous reposer sur Jésus, que nous n’avons rien à porter nous-mêmes.

Il ne demande pas des grands gestes ou des grandes promesses en ce qui concerne ce que nous allons faire pour lui devant le monde. Il demande simplement que nous le suivons avec fidélité, ouverts à écouter sa voix.

Il est bien possible, probable même, que nous soyons humiliés pour notre foi. Jésus ne dit jamais le contraire, mais que cela soit selon et pour ce qu'il nous demande, et non pas parce que nous nous sommes jetés sur une bonne idée de ce que nous voulons faire pour montrer notre dévouement.

Jésus n'avait pas besoin que Pierre se martyrise ce soir-là. Il n'a pas besoin non plus que nous nous martyrisons devant nos copains, nos collègues ou notre famille pour faire preuve de notre amour.

Il y a un équilibre à trouver. Certainement nous n’avons pas à cacher notre lumière sous le boisseau - pour reprendre les paroles de Jésus dans Mathieu 5. Le monde doit savoir ce que nous sommes. Il ne faut pas non plus étouffer l'enthousiasme que nous pourrions avoir pour le Seigneur. C'est dans la nature de certains de démontrer plus facilement leur foi, d'autres sont plus réservés.

Mais nous ne parlons pas de nos tendances naturelles. Nous parlons plutôt d'une attitude qui dit "Moi, je peux..."

Notre désir d'agir, servir même, peut être poussé simplement par notre égoïsme, un désir malsain de montrer combien nous sommes un bon chrétien ou une bonne chrétienne, mieux même que les autres !

L'humiliation

Nous avançons de quelques jours maintenant. Nous sommes à Jérusalem la nuit avant la crucifixion. Jésus est entre les mains de ses ennemis. Il a été capturé dans le jardin de Gethsémané et, selon Jean 18:13 "Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là."

Pierre, avec un autre disciple, suit de loin. L'autre disciple était probablement l'Apôtre Jean. Ils arrivent à la maison d'Anne. Jean y entre sans problème - il est connu. Pierre reste dehors jusqu'à ce que Jean ne revienne le chercher. Puis Pierre se trouve tout seul encore une fois. Jean entre dans la maison avec Jésus, Pierre reste dans la cour. Il fait froid.

Lisons Jean 18:17-27

18.17 Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n'en suis point.

18.18 Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait.

18.19 Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.

18.20 Jésus lui répondit: J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.

18.21 Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit.

18.22 A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur?

18.23 Jésus lui dit: Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?

18.24 Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.

18.25 Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point.

18.26 Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin?

18.27 Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.

 

La première question posée à Pierre n'était pas méchante. C'était une simple demande de renseignement, est-ce qu'il était un disciple de Jésus? Il n'y a aucune menace.

 Mais Pierre répond tout de suite avec un déni. "Non, Je n'en suis point." Nous avons l'impression que Pierre a été surpris et sa réponse est sortie sans beaucoup de réflexion. Puis il y a encore des questions et chaque fois Pierre dit qu'il ne connait pas Jésus, qu'il n'est pas un de ses disciples. Il renie son Seigneur. Et le coq chante.

Jean ne nous dit pas ce que fait Pierre après cela. Nous apprenons dans les autres évangiles qu'il a pleuré amèrement. Luc, dans son évangile nous dit en plus que "le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite."

Il n'est pas difficile d'imaginer qu'il se souvenait aussi de ses propres paroles orgueilleuses. Qu'est-ce qu'il y avait dans le regard de Jésus? Pas de colère, pas d'amertume, peut-être de la déception, mais surtout de l'amour pour son disciple si fragile, faillible et inconstant. Je suppose que c'est Pierre qui a baissé les yeux le premier pour éviter ce regard.

Dans son récit de ce qui s'est passé ce soir-là Jean fait une comparaison. Il parle premièrement de Pierre dans la cour, puis la scène change et nous sommes avec Jésus pendant qu'il répond aux questions de ses interrogateurs.

Après cela nous retournons dans la cour, là où Pierre fait ses derniers reniements. Il y a un contraste. Jésus se tient devant ses ennemis. Il ne nie rien. Il affirme qu'il a "parlé ouvertement au monde" et qu'il n'a "rien dit en secret". Mais Pierre, lui, s'écroule devant les questions qui lui sont posées et il nie tout. Il y a une légende qui dit qu'après cette nuit-là, partout où Pierre allait les gens faisaient le bruit d'un coq pour lui rappeler son échec.

Encore une fois, sommes-nous en position de juger Pierre? Qui, quand le moment s'est présenté de s'identifier avec Jésus ne s'est jamais tu? Etre reconnu comme étant chrétien n'est pas toujours ce que nous voulons. A un moment ou un autre nous échouons tous. Nous avons les meilleures intentions, mais... parfois, nous n'arrivons pas à ouvrir la bouche et dire "Oui, je suis un de ses disciples".

Et la suite c'est la culpabilité et la honte. Nous savons ce que nous aurions dû faire, mais nous ne l'avons pas fait. Malheureusement il y a pas mal de chrétiens qui n'avancent plus après l'échec. Ils se déclarent indignes. Ils se disent qu'ils ont raté une fois et ils ne pourront jamais se relever. Ils vivent avec le poids de la culpabilité, incapables d'avancer, incapables de faire marche arrière et faire face à ce qu'ils ont fait.

Sous l’emprise de l'auto-condamnation ils sombrent. Mais, comme pour Pierre, l'échec n'est pas nécessairement la fin de l'histoire pour celui qui connait Jésus-Christ. C'est lui qui peut nous relever, nous pardonner et nous donner un nouveau mandat pour le servir.

Le pardon

Bien qu'ils aient témoigné de la résurrection de Jésus après tout ce qui s'est passé les disciples semblent avoir perdu l'espoir. Ceux qui travaillaient avant comme pêcheurs sont retournés à leurs filets. La promesse de Jésus de faire d'eux des pêcheurs d'hommes est quelque part disparue, oubliée.

Maintenant Jésus rencontre ses disciples sur la plage, il les cherche là où ils sont. Après avoir fait à manger pour ses amis Jésus parle à Pierre.

Relisons le récit de leur conversation dans Jean 21:15-17.

21.15 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux.

21.16 Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

21.17 Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.

 

Pour la première fois depuis longtemps Jésus appelle son ami par son nom original - Simon. Pour l'instant ce n'est plus Pierre le rocher, c'est Simon le petit caillou.

Simon doit reconnaitre son échec et, la chose la plus importante : qu’il ne peut pas tout faire tout seul par ses propres forces. Il doit mettre sa confiance en Jésus. Seulement quand il fait cela peut-il devenir encore une fois Pierre, le rocher sur lequel Christ va bâtir son église.

Trois fois Pierre a renié Jésus, trois fois Jésus va lui poser une simple question. La première qu'il pose c'est "m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci?" Je crois que Pierre aurait regardé autour de lui, aux autres disciples devant lesquels il a déclaré qu'il ne tombera jamais même si eux tombent !

Avant, Pierre s'estimait un des meilleurs, sinon le meilleur. Il se croyait le plus fidèle, le plus loyal, un exemple d'amour et de respect pour le Seigneur. Quoi dire maintenant ? Il ne sait qu'une chose - "Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime". Dans sa réponse Pierre ne s'appuie plus sur lui-même, il dit simplement "tu sais". Il n'y a rien qu'il ne puisse dire pour convaincre Jésus de son amour, il réalise que son Seigneur connait son cœur.

Encore une fois Jésus pose sa question "Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu?" Et puis une troisième fois "Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu?" Jean nous raconte qu'avec cette troisième question Pierre "fut attristé". Pourquoi? Pierre se trouvait devant la réalité de son échec et ce n'est pas confortable. Les questions répétées de Jésus sont comme une sonde qui va aller au cœur de tout ce qui s'est passé. Il ne doit rester aucun doute pour Pierre - aucun doute sur la nature de son échec mais aussi aucun doute sur la dimension de son pardon. Mais ce processus est douloureux.

Premièrement faire face à nos fautes, nos erreurs n'est jamais très agréable. Nous aimons penser que nous ne sommes "pas mal". Nous avons la fâcheuse tendance de vouloir cacher nos points faibles. Mais le Seigneur ne nous permet pas de nous cacher, il nous voit tels que nous sommes et il faut que nous nous voyions de la même façon.

Deuxièmement il nous est souvent difficile d’accepter le pardon de Dieu. Combien nous sommes pervers! Il y a, il me semble et en général, deux raisons pour lesquelles cela nous est difficile. Pour certains d'entre nous admettre notre besoin du pardon de Dieu et recevoir son pardon c'est admettre que nous ne sommes pas le maître de tout. C'est céder place à un autre.

Tant que nous sommes en tort nous essayons de nous justifier. Répondre à Jésus c'est tout lâcher - notre égoïsme, notre estime de ce que nous sommes, notre désir même de contrôler notre vie.

Ou bien alors nous nous croyons indignes de recevoir le pardon. Nous considérons que notre péché est trop sérieux, trop lourd à porter. Nous croyons qu'à cause de la gravité de ce que nous avons fait (à nos propres yeux!) nous ne pouvons pas être pardonnés.

Pour finir, ces deux réponses, ces deux raisonnements, reviennent à la même chose : l'orgueil. C'est dire que ce que Christ a fait n'est pas suffisant. D'un côté nous croyons pouvoir nous occuper de nos problèmes et de nos échecs, nous-mêmes, et de l'autre que personne ne peut s'occuper de nos problèmes et nos échecs. Et cela minimise, annule même, ce que Jésus à fait à la croix. Ces deux chemins sont tout aussi néfastes.

Quand il a dit, sur la croix, "Tout est accompli", cela signifiait qu'il s'est occupé de tout notre péché - il n'y en a aucun qui ne soit hors de l'œuvre achevée au Calvaire. Si nous appartenons à Christ, nous ne pouvons pas nous mettre en dehors de sa grâce. Et si nous pensons cela, la chose à faire est de remettre nos pensées entre les mains du Seigneur, et que nous soyons "transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que nous discernions quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait."

Cependant, nous voyons que Pierre se hérisse. Il est enfin au bout de lui-même mais il semble qu'il y a quand même une bataille qui fait rage au-dedans de lui. Mais cette fois-ci l'ancienne nature de confiance en soi ne prend pas le dessus. Pierre a changé, il n'est plus le même. Pour finir il fait appel encore une fois à ce que Jésus connait de lui.

Chaque fois que Pierre affirme son amour pour Jésus il reçoit une réponse de son Seigneur, un ordre. "Pais mes agneaux" ou "Pais mes brebis". Le Seigneur donne à Pierre un nouveau travail à faire. Celui qui était un pécheur d'hommes deviendra un berger d'hommes - chargé de s'occuper des nouveaux chrétiens qui allaient se joindre au petit groupe de disciples dans les jours à venir, après le jour de la pentecôte.

L'homme, Pierre, qui se met debout pour parler à la foule ce jour-là n'est pas du tout comme l'homme que nous voyons dans l'évangile de Jean. Il est rempli de l'Esprit, bien sûr, mais il est aussi plein de confiance - confiance que son Seigneur agira en lui, qu'il ne doit plus œuvrer par ses propres forces. Et si nous regardons la vie de Pierre après ce moment passé avec Jésus sur la plage nous pouvons voir que le succès de son ministère a dépassé de loin la mémoire de son échec.

Pierre a été pardonné et rétabli, sa mission a été renouvelée. Son échec n'était pas la fin de son histoire. N'en est-il pas pareil pour nous? Pour ceux qui aiment Jésus-Christ il y a toujours une deuxième chance. Il est toujours possible de recevoir le pardon du Seigneur si nous nous tournons vers lui avec humilité, prêts à confesser notre faute. Et, par la suite, Jésus nous rétablit pour le servir, il ne nous met pas de côté.

Conclusions

Pierre, un homme qui était orgueilleux, a grandi. Il a été humilié par son échec mais il a trouvé, en Jésus-Christ, une deuxième chance. Non par une question de hasard ou mérite mais par le résultat de ce que Jésus à fait à la croix pour nous, pécheurs perdus.

Etre chrétien est un processus. La bible elle-même parle des enfants, des jeunes et des adultes dans la foi. Nous devons tous grandir pour parvenir à la maturité - " à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ" comme Ephésiens 4:13 nous le dit.

A chaque étape nous avons des échecs, que cela soit comme un bébé qui chute quand il essaye de marcher, comme un jeune qui fait une bêtise due à son ignorance ou comme un adulte qui croit avoir tout gâché dans sa vie.

Le Seigneur peut, veut, nous relever pour que nous continuions à marcher avec lui et le servions. Cela est parfois difficile pour nous. Devoir faire face à nos échecs, admettre nos fautes et nous tourner vers Christ avec humilité n'est pas facile. Mais nous avons un sauveur tendre et compatissant qui ne va ni nous accuser ni nous rejeter.

"Nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins."

Daniel Delaune

 

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