Eglise Apostolique
Eglise Apostolique

Culte                                         du 31 janvier 2016

 

 

 

 

Les Béatitudes

Matthieu Ch 5 v 1 à 12

 

 

5.1 Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

5.2 Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit:

5.3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

5.4 Heureux les affligés, car ils seront consolés!

5.5 Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!

5.6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

5.7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

5.8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!

5.9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

5.10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!

5.11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

5.12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

 

Ces versets nous posent la question "Qu'est-ce qu'un bon citoyen du royaume?"

Aujourd’hui, on parle beaucoup de bi-nationalité, d’apatride, de naturalisation. En effet on mesure bien ce que signifie « être citoyen de quelque part ».

Quels sont les motifs qui sous-tendent ce désir? Certains, je ne les nommerai pas, souhaitent changer de nationalité pour payer moins d’impôts. D’autres, parce que vivant depuis longtemps dans un autre pays, souhaitent mettre en conformité leur état civil avec leur résidence. D’autres encore fuyant leur pays à cause de la persécution, la guerre, la famine souhaitent trouver refuge dans un pays accueillant.

Adopter une nouvelle nationalité, c’est accepter les droits et devoirs pratiqués dans ce nouveau pays. C’est pourquoi tout nouveau citoyen prend connaissance de la constitution et des documents qui expliquent comment le pays fonctionne.

Ce texte de l’évangile de Matthieu est un des textes les plus connus du nouveau testament: le sermon sur la montagne. Cet enseignement de Jésus qui se trouve dans les chapitres 5, 6 et 7 porte sur la constitution du royaume de Dieu. Les paroles de Jésus nous expliquent comment fonctionne le royaume de Dieu.

Et c'est peut-être par-là que nous devons commencer. Il y a des gens qui disent "J'essaye de vivre selon le sermon sur la montagne." Ils pensent surtout à la règle d'or: "Faites aux autres ce que vous aimeriez qu'ils vous fassent." Ce n'est peut-être pas mal de vouloir vivre ainsi, mais le sermon sur la montagne n'est pas un code d'éthique pour le monde en général. Il est destiné aux disciples de Jésus. Il est destiné aux citoyens du royaume de Dieu. Comme la constitution française ne constitue pas une obligation pour un allemand, un anglais ou un américain, la constitution du royaume de Dieu ne vaut que pour les citoyens du royaume. Jésus enseigne ses disciples. Nous découvrirons plus loin dans le chapitre qu'il y avait une grande foule qui écoutait de loin mais Jésus parle d'abord à ses disciples - ceux qui le suivent: un groupe plus large que juste ceux que nous connaissons comme étant "les douze".

Le mot français de béatitude, qui vient du latin beatitudo, signifie bonheur, et se dit particulièrement de la félicité des élus. Il désigne aussi certaines sentences de l'Écriture relatives à la nature du vrai bonheur et aux conditions de sa réalisation. Dans le N.T. le mot «heureux», par lequel débute chaque béatitude, est la traduction du mot grec makanos qui, chez les païens, exprime un bonheur surnaturel, le bonheur des dieux. Les dieux, ce sont les makarioï, les bienheureux. Ce mot est beaucoup plus fort que eudaïmon, qui exprime le bonheur humain. Ce mot "heureux" parle de beaucoup plus que d'un sourire et d’un sentiment de contentement. C'est un mot qui était normalement réservé aux dieux et aux morts. C'est un état assuré qui ne dépend pas de nos circonstances. Les heureux sont ceux qui sont approuvés par Dieu. Il déclare qu'ils sont heureux parce qu'ils vivent selon ses préceptes, et il les rend heureux.

Quelqu'un a appelé les béatitudes les "Belles attitudes" du royaume de Dieu. Quelles sont les attitudes de ceux en qui Dieu prend plaisir?

Les pauvres

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

Qu'est-ce que la pauvreté en esprit? Pour illustrer mieux, nous pouvons regarder une parabole de Jésus qui se trouve dans Luc 18:10 à 13 "Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre."

Qui étaient ces pharisiens ? Le pharisaïsme, en tant que tendance, remonte jusqu'aux premiers temps d'après l'exil à Babylone (600 ans avant JC), où une forte opposition se formait parmi les Juifs contre tout ce qui était étranger. En ce temps, les prophètes et les scribes se rencontraient dans la protestation contre l'infiltration d'éléments étrangers dans la religion d'Israël. Pour sauver le caractère spécifiquement juif du peuple de Dieu, il fallait lutter, non seulement contre les païens, mais contre un certain nombre de Juifs qui s'ouvraient trop facilement à l'influence païenne. Au parti qui tendait à favoriser les contacts avec le paganisme, des hommes comme Esdras et Néhémie devaient opposer un légalisme rigoriste. Dès ce moment nous rencontrons, au sein du peuple juif, l'antagonisme entre scribes et aristocrates, serviteurs de Dieu et «impies», et c'étaient les premiers qui donnaient l'empreinte à la religion officielle. En ce sens, les pharisiens représenteront, seulement d'une manière radicale, ce qui caractérise essentiellement tout le judaïsme d’après l’exil et, sous ce rapport, le pharisaïsme est donc aussi vieux que le légalisme juif lui-même.

En tant que parti, il apparaît dans l'histoire seulement à l'époque grecque. Lorsque Antiochus Épiphane essaya d'helléniser la Palestine par la force, un mouvement de révolte s'organisa pour protéger la foi des pères et ce fut la guerre ouverte contre l'oppresseur. Désormais, il ne suffisait plus de défendre le judaïsme par l'observation individuelle des préceptes du légalisme, mais les stricts observateurs de la loi devaient se grouper: c'était la création d'un parti destiné à être l'âme de la résistance. Les membres de ce parti ne s'appelaient pas encore pharisiens, mais pieux, hasidim  pourtant, on les considère comme les ancêtres directs du parti des pharisiens. En effet, ils étaient étaient «entièrement dévoués à la loi». C'était une association de scribes» qui «constituait l'élite d'Israël»

Nous rencontrons leur nom de pharisiens pour la première fois vers 145 Av JC. A partir de ce moment, ils exercèrent une certaine domination spirituelle parmi les Juifs et surent la maintenir même sous le gouvernement des Hérodes auxquels ils se montraient hostiles

L'intention des pharisiens était bonne. Il faut rendre justice au rôle historique qu'ils ont rempli: ils ont préservé la religion d'Israël du danger d'être noyée dans le grand courant de l'hellénisme. S'ils ont enfermé la religion de Yahvé dans les cadres du légalisme, il ne faut pas oublier qu'ils ont sauvé en même temps l'héritage des prophètes. Leur réaction contre l'indifférence religieuse des Sadducéens était nécessaire. La foule comprenait instinctivement la mission qui revenait aux pharisiens, et c'est cela qui explique leur popularité. Ils avaient le courage de confesser leurs convictions, même en s'opposant aux rois. On peut donc vraiment les considérer comme l'élite religieuse du judaïsme officiel. Peut-être la polémique virulente de Jésus contre les pharisiens s'explique-t-elle précisément par celà. Par certains côtés, Jésus se sent très près des pharisiens, et pour cette raison il déplore d'autant plus le vice radical qui fait dévier leurs bonnes intentions. Les pharisiens se proposent, eux aussi, de faire entrer les hommes dans le Royaume des cieux, mais en réalité ils leur en ferment l'accès (Matthieu 23:13 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer).

Qui étaient ces publicains ? Dans l'antiquité latine on désignait sous le nom de publicani les principaux représentants de grandes compagnies fermières auxquelles la République romaine confiait, par adjudication, le soin de percevoir dans les provinces ou les colonies de son ressort les portoria (étymologiquement : droits sur les ports), c’est-à-dire les impôts indirects tels que droits de douane, d'octroi, de péage, etc. Ces fermiers généraux appartenaient à la classe des chevaliers. Ils outrepassaient fréquemment les prérogatives qu'ils tenaient de leurs contrats, et commettaient d'odieux abus que favorisaient parfois la complicité et la vénalité des gouverneurs provinciaux. L'appellation de publicani fut appliquée abusivement aux agents subalternes (douaniers, péagers, receveurs, contrôleurs) placés sous la direction de ces hauts fonctionnaires, et dont le titre exact était celui de portitores ; il s'en trouvait dans tous les ports, marchés, lieux de passage des caravanes, zones de trafic, etc., utilisés par le commerce de l'époque. Ils accablaient la population qui les haïssait.

Qui est le pauvre en esprit? Selon cette parabole c'est celui qui reconnaît qu'il a besoin de Dieu. Celui qui reconnaît sa nature pécheresse et son incapacité de se sortir du problème de son péché. Il se tourne vers Dieu pour chercher du secours. Il dépend de Dieu.

L'inverse de la pauvreté en esprit n'est pas la richesse en esprit, c'est l'orgueil de l'esprit. C'est dire que "moi, je vais bien." Comme le pharisien "Je fais tout ce qu'il faut pour être accepté par Dieu." Il se croit riche en esprit. A lui Jésus dirait, comme il a dit à l'église de Laodicée dans Apocalypse 3:17 : "Tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes." Une telle personne est ignorante de sa condition. S'il y a un problème c'est la faute des autres, jamais de lui-même.

Un pharisien typique croyait que ce qui était important, c'était ses actes spirituels. Les choses qu'il faisait et que les autres voyaient. Il avait une grande piété. On aurait dit "Quel homme de Dieu!" Il avait tous les mots corrects, une théologie "correcte", si sévère.

Mais il dépendait de ces choses, de ses actes, plutôt que d'admettre que ses œuvres de justice étaient comme "un vêtement souillé" comme le disait Esaïe. Un chrétien qui est "pauvre en esprit" n'a pas une trop haute opinion de ce qu'il est devant Dieu. Et il lui est promis d'entrer dans le royaume des cieux. Il vit dans une relation d'humble dépendance. Il dépend de Dieu pour son salut - parce qu'il a reconnu son besoin d'un sauveur. Mais, par la suite il dépend de Dieu pour tout ce qu'il a et pour tout ce qu'il est, chaque jour reconnaissant pour son salut, pour la main de Dieu qui le tient.

Les affligés

Heureux les affligés, car ils seront consolés!

Par quoi ces heureux sont-ils affligés? Il me semble que la réponse la plus simple c'est qu'ils sont affligés par leur nature pécheresse. Leur péché est un poids tout simplement. Il ne faut pas oublier que nous parlons des disciples - ceux qui sont déjà chrétiens. Il est vrai que lorsque quelqu'un commence à se tourner vers Dieu il va sentir sa pauvreté en esprit et son affliction mais Jésus nous enseigne que cela aussi est le caractère du chrétien. Un chrétien reste un pécheur. C'est un simple fait. Mais il ne peut pas ignorer, écarter ou déclasser son péché. Pour un citoyen du royaume de Dieu le péché, son péché, va le heurter. Plus que ça, il aura horreur de son péché. Le fait qu'il pèche sera pour lui une source de détresse. Non parce qu'il a peur de la punition mais parce que le péché est une offense envers celui qu'il doit aimer le plus.

Ce n'est pas que nous devions vivre en nous flagellant, comme ceux qui n'ont pas d'espérance. Ce n'est pas que nous devions vivre dans une attitude d'auto-mépris "Qu’est-ce que  je suis terrible/minable/horrible/pénible/vilain" Mais le poids de notre péché doit avoir pour effet de nous conduire entre les mains du Seigneur. Peut-être comme les messages de l'Ancien Testament dans Esaïe 22 v12  "Le Seigneur, l'Éternel des armées, vous appelle en ce jour à pleurer et à vous frapper la poitrine, à vous raser la tête et à ceindre le sac."

Il y a bien sûr des choses culturelles dans cette forme de pensée et de mise en garde, mais pour nous, est-ce que nous connaissons les sentiments et l'attitude qui mènent à ses actes? Pleurons-nous sur notre péché?

L'auteur de l’Ecclésiaste au ch 3 v4 nous dit qu'il y a "un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser." Qu'est-ce que nous faisons le plus souvent dans l'église? Dieu a dit à Israël dans Amos ch8 v10 : "Je changerai vos fêtes en deuil, Et tous vos chants en lamentations, Je couvrirai de sacs tous les reins, Et je rendrai chauves toutes les têtes; Je mettrai le pays dans le deuil comme pour un fils unique, Et sa fin sera comme un jour d'amertume." Dieu avait dit cela à son peuple parce que le peuple croyait que tout allait bien avec Dieu, malgré leur péché, leur idolâtrie et leur rébellion.

Pour les affligés il y a une promesse - la promesse de la consolation. Dieu ne va pas dire simplement "tiens, tiens, ça ira mon petit…" La consolation qu'il nous offre c'est le pardon du péché. Dans 1 Jean 1:9 il est dit : "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité."

Les débonnaires

Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!

Qu'est-ce que nous comprenons quand nous entendons "débonnaire"?

Quelqu’un de facile à vivre? De bonne volonté? Gentil? Paillasson? Faible?

"Le petit Jésus débonnaire et doux." Ce mot devient facilement quelque chose de négatif. Un chrétien débonnaire c'est quelqu'un qui dit toujours "oui" parce que dire "non" c’est montrer trop d'assurance. Que vous devez vous considérer plus bas que les autres, non? beaucoup plus bas… Vous donnez pour les autres à n'importe quel prix?

Mais débonnaire ne veut pas dire faible. Etymologiquement veut dire « de bonne souche, noble » C'est la force maîtrisée. Le contrôle de soi et une bonne compréhension de ce qu'on est. Ce n'est pas être prêt à ce que l'on puisse nous marcher sur la tête. C'est être prêt à tout faire pour la volonté de Dieu. Et cela en relation avec les autres. Si nous connaissons notre pauvreté en esprit, si nous sommes affligés, si nous avons une bonne compréhension de notre péché, nous serons plus doux avec les autres pécheurs. Cela ne veut pas dire que nous permettons tout et n'importe quoi. Avec le péché nous devons oser le nommer comme tel. Mais nous connaissons bien de quoi nous sommes capables et combien la grâce de Dieu est grande dans notre vie. Il n'y a pas de place pour la condamnation. Etre débonnaire c'est aussi reprendre avec tendresse avec amour quelqu'un qui est dans le péché. C'est de ne laisser personne continuer dans son péché. Mais cela sans le juger - parce que nous savons bien que nous sommes comme lui et que Dieu nous pardonne. Ce n’est pas facile, j’en conviens.

Un commentateur biblique dit que les débonnaires sont "Ceux qui ne sont pas facilement provoqués à la colère; qui supportent avec patience les torts et les affronts; qui se comportent avec politesse. Ceux qui ont des pensées les plus basses d'eux-mêmes et les plus hautes des autres. Ceux qui sont prêts à être enseignés et corrigés par le saint le plus petit, et à se soumettre à la volonté de Dieu."

Et la promesse pour les débonnaires? Ils hériteront la terre. Cela veut dire qu'ils vont régner avec Christ dans la nouvelle terre. Ils y seront habitants. Les saints de Dieu ensemble.

Les affamés

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

Blaise Pascal a dit que: "L'homme a dans le cœur un vide qui a la forme de Dieu. Or, puisque ce vide a exactement la forme de Dieu, aucune autre chose ne saurait y prendre place efficacement."

L'auteur de Ecclésiaste au ch3 v11 le dit ainsi "Il fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin."

Le problème pour beaucoup de monde, chrétiens y compris, c'est que nous courrons après d'autres choses dans la vie. Peut-être avons-nous faim et soif de succès, faim et soif de popularité, faim et soif de possessions.

Il nous manque souvent un appétit pour les choses spirituelles. Dans beaucoup de domaines de la vie nous sommes très gâtés. Nous avons tout ce que nous désirons et plus encore. Mais dans le domaine spirituel nous sommes souvent appauvris, même mal nourris, parce que nous ne pensons pas à bien manger pour soutenir notre vie spirituelle.

Jésus nous dit que dans le royaume de Dieu les citoyens ont un appétit pour la justice. C'est même plus qu'un appétit - "j'ai la dent, j’ai une faim de loup, (j’ai la dalle) pour la justice". C'est un désir fort. Dévorant même. Mais quelle est cette justice? Il semble que Jésus parle de la justice dans notre relation avec Dieu. C'est le désir d'être reconnu comme juste par Dieu et de recevoir ses bénédictions dans notre vie comme un de ses justes. Et ce désir est primordial pour le citoyen du royaume que nous sommes.

Posons-nous la question "Est-ce que j’ai faim?" Ou est-ce que je considère les bénédictions de Dieu comme un buffet où je grignotte de temps en temps quand je n’ai rien d'autre à faire?

La promesse pour le chrétien affamé c'est qu'il sera rassasié. Il recevra ce qu'il désire. Il sera justifié, déclaré juste par Dieu. Et par la suite, dans sa vie, il va vivre comme un des justes. Le fait que Dieu le déclare juste veut dire aussi qu'il n'a pas besoin de chercher une autre justice. Il n'a plus besoin d'essayer de se justifier devant Dieu par ses œuvres, par ce qu'il fait. L'Apôtre Paul l'explique en ces termes aux Philippiens ch3 v8: "Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi."

Première conclusion

Nous nous rendons compte que dans le royaume de Dieu la barre est souvent placée haute ! Comment est-ce possible alors d'être un des "heureux" tel que Jésus l'explique dans ce passage? Dans nos pensées il y a deux extrêmes auxquels nous pouvons arriver par rapport à ces choses : un optimisme idiot qui dit "pas de problème, je peux tout faire !" ou un désespoir profond qui dit "Je n'y arriverai jamais de ma vie…"

Ce que Jésus nous dit nous montre comment vivre quand nous sommes sauvés. Il était impossible de vivre ainsi avant que nous ne soyons nés de nouveau. Cette vie est l'œuvre du Saint-Esprit en nous. Comme je le disais, le sermon sur la montagne n'est pas un code d'éthique pour tout et n'importe qui. Vivre comme Jésus nous le demande n'est pas possible si nous ne sommes pas en Christ. Il nous faut la puissance de Dieu pour vivre dans le royaume de Dieu.

Tous seuls nous n'arriverons jamais à atteindre ce niveau, c'est cela la réalité du péché dans ce monde. Mais quand nous essayons de vivre ces choses, nous démontrons la grâce et la miséricorde de Dieu dans notre vie. Ce que Dieu a fait de nous et ce qu'il fera de nous devient alors évident pour tout le monde. La constitution du royaume parle toujours d'une foi vécue d'un processus, d’une marche. Elle parle de maintenant et de l'avenir. Dans les béatitudes il y en a qui sont "au présent" et d'autres qui sont "au futur". Nous vivons sous tension en tant que chrétiens. Le royaume de Dieu s'est déjà approché. Nous en vivons les premiers fruits, l'avant-goût de ce royaume de Dieu. Mais la perfection du royaume n'est pas encore arrivée. C'est pourquoi nous n'arriverons pas à être des citoyens parfaits ici-bas. Mais cela ne nous donne pas l'excuse de ne pas vouloir vivre cette vie telle que Jésus nous l'enseigne. Et par son Esprit qui habite en chaque chrétien nous pouvons, quand-même, faire beaucoup de progrès dans notre marche!

Daniel Delaune

 

Adresse

Eglise Apostolique
2 rue du Moulin Enragé 76170 Lillebonne


Téléphone

06 82 42 08 37

 

Vous pouvez également utiliser notre formulaire de contact.

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Eglise Apostolique